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Dureté de l'eau, KH, GH, TAC, carbonates, effet tampon et autres joyeusetés

Par francoisg37, le Samedi 26 Août 2006 (mis à jour le Lundi 28 Août 2006 19:37).
Cet article tente de faire le point sur les notions de dureté et de salinité. L'accent est mis sur une présentation pédagogique afin que le lecteur puisse le plus facilement possible appréhender ces termes fondamentaux en aquariophilie. Les conséquences des paramètres de l'eau sur le pH (notamment l'effet tampon) est discuté dans un deuxième temps.
Mots clés : KH, GH, TAC, CO2, dureté
Article lu 86559 fois.

Notions de base

Toutes les substances qui nous entourent sont composées d'atomes : ceux-ci sont en quelque sorte les 'briques' de la matière. Il y en a un nombre fini dans l'univers. Ils sont répertoriés dans le tableau dit tableau de Mendeleïev, du nom du savant russe qui classa les éléments dans ce tableau. Certains composés soit constitués d'un seul type d'atome, par exemples les métaux comme le fer, le cuivre mais aussi l'hydrogène, l'oxygène etc. D'autres sont constitués de plusieurs atomes : des minéraux comme les sel de cuisine (sodium et chlore), l'eau (un oxygène et deux hydrogène, H2O), les composés organiques (carbone, oxygène et hydrogène), ...

Les atomes sont constitués d'un noyau et d'électrons. Les électrons sont, par nature, une charge électrique. Or la matière est nécessairement électriquement neutre : les noyaux comportent une 'anti-charge électrique' (les protons) en nombre égal à ceux des électrons constituants les atomes. Pour résumer, un atome c'est un noyau avec des protons et des électrons autour. Une propriété fondamentale des atome pour la chimie, c'est que certains se 'débarrassent' volontiers de quelques électrons tandis que d'autres en accueilleraient bien quelques uns de plus. Il y a des donneurs et des accepteurs. De la à penser qu'on peut les marier, il n'y qu'un pas, franchi avec le sel de cuisine, le chlorure de sodium : le sodium (Na) 'donne' un électron au chlore (Cl). Un atome qui perds ou qui gagne un ou plusieurs électrons est appelé ion. On note '+' un déficit en électron et '-' un surcroît d'électrons (oui, ce n'est pas logique, mais que voulez vous le responsable c'est l'histoire des sciences !). Un ion '+' est un cation, un ion '-' est un anion. Ainsi le sel de cuisine c'est Na+Cl-. Les ions de sodium, déficitaires, sont entourés de chlore surchargés et vice-versa. La neutralité électrique fait qu'il y a exactement autant de sodium que de chlore dans le sel : on parle d'ion et de contre-ion. Le chlore est le contre ion de l'ion sodium et le sodium est le contre ion de l'ion chlore. Notons enfin qu'un groupe d'atome peut céder/donner des électrons tout comme le ferait un atome seul. Par exemple les ions carbonates CO32- acceptent deux électrons supplémentaires.

L'eau est un liquide très particulier qui dissous les composés ioniques. Elle sépare les ions les uns des autres. Le sel de cuisine, dissous, conduit à la présence dans l'eau d'ions Na+ libres et Cl- libres : ils ne sont plus 'mariés' l'un à l'autre. En revanche, la neutralité électrique doit toujours être vérifiée. La quantité d'ions dissous dans l'eau (toutes origines confondues) constitue la salinité de l'eau. Attention : nous parlons pas ici du goût salé, nous définissons la salinité comme la quantité d'ions dissous et pas seulement le sodium et le chlore.


Définition de la dureté de l'eau, KH et GH

La dureté de l'eau est définie par la capacité d'une eau à "mousser" en présence de savon ou de détergents. On sait qu'il est plus facile de rincer avec une eau dure qu'une eau douce. Cette propriété de l'eau est gouvernée par la quantité d'ions chargés 2+ appelés métaux alcalino-terreux : beryllium, magnésium, calcium, strontium, baryum et radium (oui oui). Probablement que seuls le calcium et le magnésium vous dise quelque chose : c'est parce que les autres sont en quantité négligeable et nous allons les laisser de côté. Les autres cations ne participent pas à la dureté de l'eau. Mais quels contre-ions assurent la neutralité électrique des cations Ca2+ et Mg2+ ? Il y en de deux types :

  • Les ions carbonates et hydrogénocarbonates : CO32- et HCO3- (globalement, on les appellera carbonates).
  • Les autres contre-ions, essentiellement (mais pas seulement) des sulfates SO42-. Par la suite, nous simplifierons en parlant uniquement des sulfates.

Il existe une différence essentielle entre la première catégorie et le seconde. Dans le premier cas, la dureté peut être modifiée par exemple en faisant chauffer l'eau. Un dépôt calcaire (tartre) abaisse alors la dureté de l'eau. Dans le second cas, rien n'y fait : cette dureté est permanente. On définit alors la dureté temporaire comme la quantité de (Ca2+, Mg2+) liés aux carbonates et la dureté permanente comme la quantité de (Ca2+, Mg2+) liés aux autres contre-ions (majoritairement les sulfates). En allemand, il s'agit du KH et du PH (Karbonat Härte et Permanent Härte, rien à voir avec le pH potentiel hydrogène). La dureté totale, GH, est la somme des deux quantités :

GH = KH + PH

Le KH est donc nécessairement inférieur ou égal au GH par définition (pour ceux qui ont vu qu'on pouvait avoir KH > GH, qu'ils patientent un peu). Tout ceci est résumé sur la figure 1. Mais est-ce vraiment aussi simple ? Malheureusement non ! Il n'y pas que les ions alcalino-terreux dans l'eau... Il y en a d'autre dont par exemple le sodium. Ce choix n'est pas du au hasard : on trouve couramment du sodium dans l'eau et les adoucisseurs à base de résines échangeuses d'ions échangent fréquemment du calcium pour du sodium. Comme pour les ions calcium et magnésium, ce sodium (Na+)peut avoir comme contre-ion des carbonates et des sulfates. Nous rajoutons donc ce sodium sur la figure 1, ce qui donne la figure 2. Cependant, le sodium ne participe pas a la dureté de l'eau, ni permanente, ni temporaire. Le KH et le GH ne sont donc pas modifiés. En revanche, le carbonate de sodium ajoute des carbonates. Il augment le nombre total de carbonates et jouent sur le Titre Alcalimétrique TAC qui mesure lui la quantité de carbonates. Vous trouverez sur plusieurs références que 1°KH = 1,79°TAC. Ce n'est vrai que si tous les carbonates sont dus au calcium et au magnésium. Sinon c'est faux et en général le KH est inférieur ou égal à 1,79fois le TAC. Mais la ou ça se corse vraiment, c'est que les test colorés dosant le KH... ne mesurent pas le KH mais le TAC ! Revenons à la définition du KH et du GH. Pour ce dernier, c'est la quantité totale d'ions Ca2+ et Mg2+. Ils sont dosés par les test colorés et le GH mesuré par le test est effectivement le 'vrai' GH. Mias comment doser les ions Ca2+ et Mg2+ liés aux carbonates ? On ne peut pas faire de différence entre ceux la et les autres qui constituent la dureté permanente... La solution est de doser les ions carbonates, ce qui est correct si et seulement si il n'y a pas d'autre source de carbonate comme le carbonate de sodium. Dans ce cas le test les intègre et donne un KH incorrectement élevé. De ce fait, le KH donné par le test peut dépasser le GH. Mais c'est faux : le KH ne peut être, par définition, supérieur au GH. En fait, les tests mesurent la quantité de carbonates présents dans l'eau. Ce n'est pas inintéressant car ce sont ces carbonates, toutes origines confondues, qui vont tamponner l'eau.

Et le sodium dans tout ça ? En fait, cet article a été rédigé suite à une discussion sur le chat (au passage venez c'est sympa) autour du carbonate de sodium utilisé pour son pouvoir tampon sans qu'il augmente la dureté de l'eau. Le carbonate de sodium amène en effet des carbonates qui vont tamponner l'eau sans amener de dureté, ni permanente, ni temporaire. En revanche, ils vont augmenter la salinité. L'adoucissement de l'eau par des résines échangeuses d'ions est basé sur ce principe : le taux de carbonates ne change pas mais les ions calcium sont remplacés par des ions sodium. Faut-il employer le carbonate de sodium pour tamponner de l'eau à KH 0 comme celle utilisée pour les Discus ? Je ne suis pas compétent pour répondre à cette question. Je me bornerais à remarquer que l'eau adoucie est généralement déconseillée pour l'usage aquariophile, or rajouter du carbonate de sodium revient exactement au même. Un recherche sur la toile laisse penser que certains poissons apprécient la présence de sodium en faible quantité alors que d'autres (poissons de fond par exemple) y sont très sensibles.

Figure 1 : duretés carbonatée et totale

Figure 1 : Duretés totale et temporaire

Figure 2 : Dureté et salinité

Figure 2 : Dureté et salinité. Noter le TAC qui regroupe les carbonates toutes origines confondues.


Carbonates et Pouvoir Tampon

Les carbonates ont la faculté d'absorber une quantité d'acide ou de base rajoutée à l'eau, il en résulte que le pH varie peu lors de ces ajouts. C'est une propriété très intéressante en aquariophilie ou l'on désire premièrement choisir le pH de son eau, deuxièmement le conserver stable malgré les petits accidents susceptibles d'arriver (décomposition de déchets, cadavres, etc).

Mais revenons à l'eau elle-même. La molécule d'eau, H2O, peut perdre un ion H+ et donc se scinder en H+ et OH- (pour les puristes, je sais je simplifie mais bon, c'est pour la bonne cause). Ces ions, la encore, ont besoin de contre-ions. Si l'on utilise le chlore comme contre ion du H+, on obtient l'acide chlorhydrique : HCl. Si l'on utilise du soidum comme contre ion d'OH-, on obtient de la soude NaOH. J'ai vendu la mèche : si un composé rajoute des ions H+ dans l'eau, c'est un acide, s'il rajoute des ions OH-, c'est une base. Le pH (potentiel hydrogène) mesure la quantité d'ions H+ dans l'eau.Plus il y a d'ions, plus l'eau est acide et plus le pH est... bas (eh oui c'est ça la science !). Plus le pH augmente, moins il y a d'ions H+ et plus il y a d'ions OH-. La neutralité se trouve à pH 7 à 25°C (on doit passer de 7,1 à 6,9 de 20°C à 30°C). Par neutralité, on entends qu'il y autant d'ions H+ que d'ions OH-.

Partons d'une eau à laquelle de la soude a été ajoutée pour atteindre un pH entre 11 et 12. Ensuite, rajoutons de l'acide et voyons comment le pH évolue (graphique ci-dessous).

Evolution du pH en fonction de la quantité d'acide chlorhydrique ajouté à une eau basique (tiré de ce site http://perso.orange.fr/bernard.pironin/aquatech)

La réaction chimique qui se produit lorsque l'acide chlorhydrique est ajouté à l'eau contenant de la soude est : H+ + OH- -> H2O . Les ions sodium et chlore (Na+ et Cl-) sont 'spectateurs'. Au début on ne fait qu'ajouter des ions H+ dans une marée d'OH-. Il ne se passe donc pas grand chose (dit plus scientifiquement : le pH est une quantité logarithmique). Ensuite l'acide commence à neutraliser la base et nous arrivons de plus en plus rapidement à pH 7. A ce moment, toute la base est neutralisée par l'acide. L'eau est neutre sauf qu'elle contient Na+ et Cl- en quantités égales : c'est tout bonnement de l'eau salée.

Et ensuite ? Il n'y a plus d'OH- à neutraliser. L'acide a le champ libre et le pH continue de chuter très rapidement jusqu'à 4. Après, il faut rajouter beaucoup d'acide pour grapiller un point de pH.

Outre l'aspect pédagogique de cet exemple, il y a une conclusion pratique à tirer de cette courbe. Le pH varie très facilement autour de pH 7. Regardez la quantité d'acide qu'il a fallu par passer de pH 8 à pH 6 : presque rien. Bon, d'accord, c'est de l'acide chlorhydrique pas très dilué, mais quand même : une eau pure à pH 7 est à la merci du premier acide ou de la première base venue.

Prenons maintenant une eau toujours à pH entre 11 et 12, mais contenant du carbonate de sodium (pour les puristes, je ne mets pas les concentrations molaires le but est pédagogique). Et comme précédemment, mesurons le pH au fur et à mesure de l'ajout d'acide chlorhydrique.

Evolution du pH en fonction de la quantité d'acide chlorhydrique ajouté à une eau basique contenant des carbonates (tiré de ce site http://perso.orange.fr/bernard.pironin/aquatech).

La courbe change d'aspect ! Déjà les quantités d'acide ajoutées sont presque 2 fois plus importantes que précédemment (l'échelle passe de 0 à 15ml ajoutés à de 0 à 25ml ajoutés). En plus en voit des inflexions dans la courbe. Il y des zones ou le pH a du mal à descendre. Voyez maintenant la quantité d'acide qu'il a fallu pour passer de pH 7 à pH 6 : avant c'était quoi ? 0,1ml peut être, et maintenant environ 4ml. 40 fois plus ! Cette eau resiste beaucoup mieux à l'ajout d'acide. Ce la est dû au pouvoir tampon des carbonates.

"Une solution tampon est une solution qui maintient approximativement le même pH malgré l'addition de petites quantités d'un acide, d'une base ou d'une dilution" (tiré de Wikipedia). C'est très intéressant pour l'aquariophile : une eau tamponnée sera beaucoup moins sujette aux vicissitudes de la vie de l'aquarium, en tout cas au niveau du pH. Mais comment cela marche-t-il ?

Les carbonates lorsque le pH de l'eau est aux alentours de 7 sont sous forme d'hydrogéno-carbonates. Ce terme barbare désigne la forme HCO3-. Lorsque l'on ajoute des ions OH-, ceux-ci lorgnent sur l'hydrogène de l'hydrogénocarbonate et il se produit la réaction suivante :

HCO3- + OH- -> CO32- + H2O

Et par ce tour de passe-passe, l'ion OH- a disparu, remplacé par une molécule d'eau ! Le pH va bouger un petit peu (tous les ions OH- ne sont pas ainsi consommés, il y a des rescapés), mais beaucoup moins qu'en l'absence d'hydrogénocarbonates. Ainsi l'ajout d'OH- n'entraîne pas d'augmentation du pH.

Et l'ajout d'acide ? Eh bien si on rajoute des ions H+, il se produit la réaction suivante :

HCO3- + H+ -> H2CO3

Donc la encore lorsque l'on rajoute de l'acide à l'eau le pH ne baisse pratiquement pas car les ions H+ réagissent avec les hydrogénocarbonates.

Mais tout ceci a une fin : lorsque tout les hydrogénocarbonates ont réagi, l'eau se comporte désormais normalement et un petit ajout d'acide ou de base perturbe le pH comme les carbonates n'étaient pas présents. Si les carbonates sont présents en faible quantité, ils seront vite consommés par l'ajout d'acide ou de base. Au contraire, une forte concentration en carbonates rendra le pH très dur à faire varier.

La conséquence des réactions évoquées est que les différentes formes de carbonates ont des domaines d'existence en pH. Concrètement, cela est représenté sur la figure ci-après, qui montre la concentration pour chaque forme d'existence des carbonates en fonction du pH.

Concentration en différentes formes des carbonates en fonction du pH (tiré de ce site http://perso.orange.fr/bernard.pironin/aquatech)

En desous de pH=6,6, on a majoritairement du H2CO3. Et qui c'est, d'abord, ce H2CO3 ? En fait il s'agit d'une vieille connaissance. Allez, un indice :

H2CO3 <-> CO2 + H2O

Eh oui ! Il s'agit de la forme dissoute dans l'eau du CO2 ! Celui la même qui est consommé par les plantes.

Entre pH=6,3 et 10,8, la forme majoritaire est l'hydrogénacarbonate HCO3-. Il s'agit du domaine dans lequel se trouve en général les eaux d'aquarium et donc les hydrogénocarbonates sont bien présents pour parer à un ajout d'acide ou de base (avec tout de même une prédilection pour 7,5 à 9, ce qui est un peu au dessus des valeurs aquariophiles).

Au delà de de pH=10,8, il n'y a plus que du CO32-.


C'est bien joli, mais le côté pratique dans tout ça ?

Effectivement, il est grand temps de tirer les enseignements pratique de cet exposé.

Tant que c'est frais dans nos mémoires, étudions les conséquences de ce dernier graphique sur nos amies les plantes. Les plantes aiment le CO2. Elles en ont besoin pour la photosynthèse. Or le graphe nous dit que le CO2 est disponible majoritairement en dessous de 6,3. En fait la quantité disponible jusqu'à des pH plus élevés convient. Ainsi à pH 7, 17% des carbonates donnent du CO2 dissous et les 83% restants sont sous forme d'hydrogénocarbonates. Cependant, plus on augmente en pH, moins il y a de CO2 dissous : ce dernier se raréfie.

De surcroît, la diffusion du CO2 dissous dans l'eau est faible. Concrètement, cela signifie que si une plante consomme du CO2, elle a le temps d'attendre la relève... Même un brassage du bac n'y suffira pas, car l'échange gazeux avec la surface est lent. Pour schématiser, dans le cas d'un bac brassé l'appauvrissement sera global, dans le cas d'un bac plus stagnant l'appauvrissement sera localement au niveau des feuilles.

La encore, le dernier graphe nous renseigne sur la suite des évènements. Si l'on appauvrit en CO2 dissous et si l'on respecte les quantités données sur le graphe, il nous faut nécessairement augmenter le pH. Tout comme l'injection de CO2 fait baisser le pH, la consommation de CO2 l'augmente. Et ce faisant on augmente la concentration en CO32-. Mais si une des source de carbonates est du carbonate de calcium (comme toujours sauf cas particulier), les conséquences ne s'arrête pas là. Le carbonate de calcium, CaCO3, est peu soluble dans l'eau. Dès pH 8,8 il précipite (petits grains de CaCO3 se formant dans l'eau). C'est ce qui ce passe à la surface des feuilles des plantes lorsque l'eau est pauvre en CO2 dissous. Il semble que certaines plantes aient la faculté de tirer leur carbone des hydrogénocarbonates qui sont eux tout le temps présents, du moins jusqu'à pH 12, ce qui laisse le temps de voir venir. N'étant pas spécialiste des plantes, je ne peux ni infirmer ni confirmer cette affirmation.

Un autre point de discussion est l'injection de CO32-. Si c'est pour subvenir aux besoins des plantes, pas de souci : il suffit de remplacer la quantité consommée. Mais il faut quand même prévenir le surdosage qui peut rapidement faire baisser le pH et envoyer les poissons ad patres pour cause d'acidose. Dans ce cas, les carbonates restent la meilleure protection contre le tour de trop sur le détendeur de la bouteille de CO2. Encore faut-il en avoir assez : un KH de 1 n'amènera guère de protection. Un KH de 5 semble, selon plusieurs sources différentes, une bonne valeur pour se prémunir de l'acidose (c'est un ordre de grandeur).

Malheureusement, certains poissons demandent une eau très douce. Pour certaines espèces d'élevage "courant", ils sont maintenant habitués à de l'eau très (trop ?) dure. on peut quand même se demander si les maintenir à KH < 5 ne relève pas plus de la coquetterie qu'autre chose. Pour d'autres, par exemple des specimen sauvages, les aquariophiles mettront un point d'honneur à utiliser une eau à faible KH. Comme discuté plus haut, il est techniquement possible d'augmenter le taux de carbonates sans augmenter la dureté carbonatée en utilisant du carbonate de sodium. Evidemment les tests de KH diront que le KH augmente, mais c'est parce qu'ils mesurent le taux de carbonates et pas la dureté carbonatée.

Pour revenir à l'injection de CO2, un autre attrait de cette technique est de faire baisser le pH. Mais jusqu'où aller ? Toujours d'après le même graphe, les hydrogénocarbonates sont majoritaires jusqu'à pH 6,3. Jusqu'à cette valeur la propriété tampon est toujours valide. En dessous, la situation se dégrade avec la consommation des hydrogénocarbonates : à pH 6 il reste 1/3 des hydrogénocarbonates. Evidemment tout est en fonction de la quantité de carbonates présents au départ dans l'eau (donc du KH). Mais plus le KH est élevé, plus il faudra injecter de CO2 pour arriver à ses fins. En dessous de pH 6, les hydrogénocarbonates seront très minoritaires et le risque d'acidose proche de celui d'une eau sans carbonates. Pour ce type d'eau, il est plus indiqué (et bien plus naturel) de passer la main à un acide naturel qui de plus tamponnera l'eau plus haut en pH : allez donc voir cet article. Sinon, il vaudra mieux asservir l'injection de CO2 à un pH mètre qui permettra de s'aventurer en zone de pH non tamponné sans danger pour les habitants de nos aquariums.


Conclusion et Références

J'espère que cet article aura atteint son but. Si des passages vous semble trop obscurs ou méritent des explications plus complètes, faites m'en part. J'essairai d'étoffer lors d'une révision de l'article. De même, merci de signaler des imprécisions ou des inexactitudes.

Je terminerai par les références :

[1] Le tableau de Mendeleïev (classification périodique)

[2] L'Atlas de L'aquarium, , Riehl et Baensch, edition Mergus, Volume 1, pp29-34

[3] Ce site sur l'eau (technique) : Aquatech

et Wikipedia sur le carbonate de sodium, bicarbonate de calcium, définition de la dureté de l'eau, etc.



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Commentaires
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01 sept. 2012 15:38 - phouny Très bon article!
Est il vrai que °TH = °GH / 0,56 ??
20 mars 2012 00:32 - TOTOM super article
il y a tout ce qu'il faut pour un chimiste et tout ce qu'il faut pour un non chimiste .
Le carbonate de sodium ?
Il m'en faut viiiiite :D
22 mai 2011 22:34 - jackounet Bonsoir tout le monde
je ne connais bernard que d'avoir lu ses articles mais en tout cas il est super connaisseur voir un spécialiste dans tous les domaines de l'eau de sa chimie mais de plus il est pour moi aussi point de vue condeil maladie du discus celui a qui je donnerais le bon dieu sans confession toujours attentif a la moindre suspection et jamais précipité dans ses diagnostics j'en ferais mon véto pour mes discus encore chapeau bernard je vois que tu connais et tu sais de quoi tu parles bravo ma passion est le discus mais avant que j'atteigne ce niveau se passera encore pas mal de temps merci en tout cas de toutes tes explications si bien données sans aucunes prétentions de ta part
jacques de ottignies en belgique
23 oct. 2010 19:34 - yom Je suis retourné en Terminal S pendant un moment...:-)
Trés bon article!
13 août 2009 21:18 - marie42 alors moi je t'ai perdu avec les tac, les KH et les GH... mais surtout cette histoire de carbonates...
je connais le pH et j'ai compris comment le réequilibrer mais la dureté de l'eau... alors la..................
(je ne suis absolument pas scientifique alors même si j'aime, j'ai du mal a comprendre......^^)
26 mars 2009 10:36 - Zaza94 Super article qui m'a permis de mettre le doigt sur les différentes duretés, ce que je n'avais jamais vraiment compris avant (je ne m'y étais certainement pas assez penchée aussi^^).

Une petite précision : dans la dernière partie de l'article il est dit que "un point de discussion est l'injection de CO3--". Il s'agit en fait de CO2 non?

Et pour ceux que la chimie intéresse, HCO3- est appelé un ampholyte, ce qui signifie qu'il peut se comporter comme un acide (céder un proton H+) ou comme une base (capter un proton H+).

Amis de la chimie, bonsoir^^
21 oct. 2008 00:25 - Leo22 Très bon article qui existe depuis 2 ans sur Aquabase et que j'avais imprimé sans me mettre vraiment dedans.
A lire plusieurs fois mais accessible quand même !

On comprend qu’avec l’ajout de CO2 à l’eau, on obtient l’acide carbonique H2CO3.
Car CO2 + H2O <-> H2CO3

Or il est dit que plus il y a d’ions H+ (acide) et plus le ph baisse !

Je n’ai pas compris au début car je ne voyais pas dans cette réaction la présence des ions H+ !

En fait la réaction suivante nous éclaire un peu plus en montrant que H2CO3 se dissocie ensuite en :

H2CO3 -> HCO3- + H+

Et là on retrouve la présence des ions H+ « responsables » de l’acidité de l’eau.

Et là j’ai encore mieux compris !

Je vous conseille aussi ce site sur la chimie du carbone inorganique dans l'eau et le captage du CO2 :
http://www.ggl.ulaval.ca/personnel/bourque/s3/captage.CO2.html



04 mars 2008 12:58 - yannick77 Sper bien et techniques.
Mais il faut le lire plusieurs fois et a petite dose car nous avons a faire a un vrai scientifique....
Et je suis parfois un peu largué.
A+
30 déc. 2007 17:13 - teck Très bon article.
Par contre sur l'injection de CO2 et la diminution du pouvoir tampon à cause de la baisse du pH, il y a quelque chose qui m'échappe. Je suis pas un pro en chimie mais si j'ai bien compris on a normalement:

injection de CO2:
CO2 + H2O -> H2CO3 -> HCO3- + H+

réaction de consommation des carbonates:
HCO3- + H+ -> H2CO3

Pour consommer 1 HCO3- il faut 1 H+ donc il y a eu création d'1 HCO3-. Au final la quantité de HCO3- est donc la même et le pouvoir tampon est identique. La courbe de HCO3- en fonction du pH est valable que lorsque l'acide est différent du CO2
04 déc. 2007 03:52 - aquax merci grâce a ton article j'ai mal a la tête..mais non :P,merci très instructif!
31 janv. 2007 18:48 - Fhamtaom Excellent article.
Vraiment complet.

Il m'a aidé à comprendre certaines interactions que j'avais du mal à saisir.

Merci et Bravo!
09 déc. 2006 10:44 - valivalou Excellent article.
Facilement abordable pour les débutants et très complet à la fois.
Merci beaucoup.
27 août 2006 11:23 - JakezDaniel Merci,
J'aime ces articles dans lesquels l'auteur "raconte" la science :-)

J'ai hâte de lire la suite :-)
26 août 2006 23:38 - ankou92 Pour information François se trouve sur le chat tous les jours (ou presque). Alors n'hésitez pas :)
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