Mon 30 litres Nano Eau de Mer : les étapes

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les étapes

Mon 30 litres Nano Eau de Mer

Cela va faire maintenant un an et demi que je suis aquariophile, et je dois dire que c’est devenu plus qu’un passe-temps. J’ai commencé par des poissons rouges dans un aquarium trop petit, et j’ai continué avec un 300 litres d’eau douce amazonien qui après maintes et maintes péripéties semble enfin aboutit et stabilisé (même si régulièrement je dois faire face aux problèmes d’algues et maladies incontournables). Bref je lorgnais depuis un certain temps sur les aquariums d’eau de mer, et même si l’envie de me lancer était grande, je n’ai pas sauté le pas faute de place et de moyens. Après beaucoup de lectures, je me suis dit qu’un palliatif efficace serait un petit nano, qui même si il est réputé difficile à maintenir, pourrait me satisfaire dans un premier temps avec des détritivores, une ou deux crevettes et quelques coraux mous. Je me suis donc lancé dans l’aventure et je dois dire que pour l’instant, c’est extrêmement intéressant.

Le Matériel

Je voulais pour ce nano un volume minimum de 45 litres.
Malheureusement, je me suis fait avoir par une appellation trompeuse du genre aqua 45 qui ne faisait en fait que 30 litres. Et comme j’ai mis plus d’un mois pour déballer l’engin je ne pouvais plus me faire rembourser, alors… 30 litres ce sera !

J’ai donc acheté un aquarium Wave bombé de 30 litres équipé d’une pompe de brassage 900 litres/heures, deux luminaires Solaris 11 watt équipés chacun de deux petits tubes (un spectre bleu, l’autre lumière du jour) et d’un filtre / écumeur Wave en cascade. Avec était aussi livré un densitomètre pour la salinité de l’eau, un thermomètre électronique, une boîte de sel pour fabriquer l’eau de mer et du sable de corail. J’ai trouvé l’ensemble, complet, cohérent et pas trop cher. Il regroupe tout le nécessaire pour débuter ce genre d’aqua en toute tranquillité. J’ai juste dû acheter une résistance chauffante pour compléter le tout.

Est-ce que l’éclairage sera suffisant? Je n’en suis pas sûr, mais je réajusterai à l’usage si nécessaire.
Pour le filtre, le principe est pas mal, puisque qu’il réunit deux fonctions en un seul petit appareil, et pour un nano, c’est quand même essentiel. L’eau passe par un écumeur qui évacue l’écume dans un petit récipient. Ensuite, l’eau passe à travers du perlon et une cartouche constituée de ouate remplie de charbon actif.

Je ne suis pas tout à fait satisfait, dans le sens ou les cartouches ne sont trouvables que chez Wave, et que leur remplacement après les avoir rincé deux fois doit se faire au bout de quinze jours maximum. Après elles se bouchent complètement. Alors, soit je trouve un système pour remplacer ces cartouches par du fait maison, soit je remplacerai le tout par un petit filtre externe avec ouate et perlon. De plus, pour ces petits bacs, si on fait des changements d’eau fréquents, je ne pense pas que l’écumeur soit vraiment indispensable. Je verrai à l’usage !

La mise en place

Lui trouver une place… Pas si simple !
Je ne voulais pas qu’il soit à côté de mon gros 300 litres car il lui aurait volé la vedette, et je voulais qu’il soit un peu en retrait de toute autre source d’attention. Bref, ça a pris un certain temps !
J’ai donc placé ma petite cuve à sa place définitive, et je l’ai remplie d’eau du robinet pour vérifier qu’aucune fuite n’existait avant de poursuivre.

Ensuite, je l’ai vidée, essuyée, puis je l’ai rempli d’eau osmosée que je fabrique chez moi.
D’après mes lectures, il faut avant de mettre quoi que ce soit dans l’eau, faire en sorte qu’elle soit brassée pendant au moins une semaine pour qu’elle soit moins agressive. J’ai donc mis en place ma pompe de brassage et j’ai mis petit à petit la dose de sel prévue pour avoir une densité de 1025 dans le bac. J’ai attendu qu’il se dissolve, puis j’ai coupé la pompe et mis mon densitomètre dans l’eau pour vérifier la teneur en sel. J’en ai rajouté un peu pour atteindre la valeur optimale, puis j’ai remis en route la pompe. A ce stade, ce n’est pas nécessaire, mais j’ai quand même installé le chauffage à 25°C, le filtre / écumeur et l’éclairage que je n’ai pas allumé. Cela m’a permis de tester le matériel pendant une semaine alors que l’eau de mer se faisait brasser par la pompe.

Finalement, tout ce petit monde a tourné pendant deux semaines, faute de temps pour avancer dans le projet. Mais bon dans ce domaine, il vaut mieux laisser plus de temps que prévu que moins..

Les pierres vivantes

Enfin, le moment est venu de mettre quelque chose dans cette belle boite transparente !

Je suis donc allé dans mon magasin préféré pour acheter des pierres vivantes reçues fraîchement et en provenance d’Indonésie. Le vendeur m’a aidé à choisir 5 kilo de pierres sous la forme de trois beaux morceaux. On a essayé de faire un assemblage cohérent dans le magasin pour voir ce que cela pouvait donner dans mon bac et je suis repartit avec sous le bras. J’ai choisi des pierres bien fournies en coraline avec des formes sympas pour donner un beau rendu dans mon bac.

En arrivant chez moi, j’ai frotté les pierres avec une petite brosse à dents à poils doux pour éliminer tous les petits déchets qui se trouvaient dessus. Quand on frotte les pierres dans de l’eau claire, on s’aperçoit qu’énormément de sédiments se répandent dans l’eau. Mieux vaut le faire avant de placer les pierres dans le bac, cela évite les effets très inesthétiques de cette poussière difficile à siphonner.
Puis, j’ai placé mes pierres dans l’aquarium, et cela m’a pris une bonne demi-heure avant de trouver une position qui me convenait, sachant que de toute façon j’aurai à les ressortir plus tard pour mettre le sable de corail au fond du bac.

J’ai choisi de mettre du sable (1cm) pour des raisons esthétiques. Ce n’est pas du tout une obligation et cela rend la maintenance un peu plus difficile pour le garder propre.
Ensuite, viens le moment de l’attente. En effet, comme en eau douce, j’ai attendu que tout ce petit monde se stabilise pour pouvoir insérer les premiers êtres vivants dans le bac. Pour ma part, j’ai attendu un mois avant de passer à l’étape suivante.

Cette phase d’attente que pensais ennuyeuse, est devenue vraiment très intéressante. Très vite (2 jours) j’ai commencé à voir des éléments vivants se former et se promener sur les pierres. Des petits vers tubicoles sont apparus, une toute petite étoile de mer s’est collé aux vitres, des petites anémones ont pointé le bout de leur nez, et de nombreux crabes ont fait leur apparition. Alors, nuisibles, pas nuisibles, j’ai laissé tout ce petit monde se développer pendant le cyclage du bac, et c’était vraiment très étonnant de voir toute cette vie sortir de ces gros cailloux. Petit à petit, les pierres ont pris des couleurs rosées, vertes et rouges, et les premières algues ont fait leur apparition. Comme en eau douce, ces algues apparaissaient et disparaissaient au gré des jours, et le pic de nitrites est arrivé au bout d’une semaine environ.

J’ai donc mis ce mois à profit pour observer toute cette vie qui se mettait en place et me documenter sur son origine. Au bout d’un mois, j’ai décidé d’éliminer les petites anémones urticantes et nuisibles aux coraux en utilisant une petite seringue avec du vinaigre blanc. J’ai piqué chacune des quinze anémones en leur injectant un tout petit peu de vinaigre (attention, très acide, donc vraiment une toute petite dose). Je ne les ai pas arrachées car il parait que lorsque l’on fait ça elles réapparaissent en se multipliant…
J’ai aussi éliminé les crabes poilus réputés nocifs pour les coraux, par contre j’ai laissé les autres qui feront de bons détritivores.

Au bout de ce mois fort sympathique, les paramètres de l’eau étaient tous au vert et des petites algues commençaient à se former sur les vitres. J’ai installé mon sable de corail sous les pierres (un centimètre d’épaisseur) et je suis donc passé à l’étape suivante : les détritivores.

Les Détritivores

Je suis allé faire mon marché, et après conseils, je suis repartit avec trois escargots, trois Bernard-l’ermite, une ophiure et deux crevettes.

Après une adaptation d’une demi-heure, j’ai transvasé tout ce petit mon dans l’aqua. Attention, sortir l’ophiure du sac a relevé du défi car le vendeur m’avais dit qu’il fallait éviter qu’elle soit hors de l’eau pour éviter que se forme une bulle d’air qui pourrait la gêner pour la suite. J’ai essayé, j’ai échoué… Finalement, j’ai mis de l’eau partout et mon ophiure s’est retrouvée complètement hors d’eau et est devenu extrêmement dure. Bref cela n’a pas été sans mal pour la sortir du sac et la placer dans le bac. Au final tout le monde est arrivé à bon port et semble prendre ses marques dans l’aqua.

L’ophiure s’est installée sous une pierre à l’abri de la lumière et n’en a plus bougé pendant plusieurs jours. Les escargots sont restés très statiques pendant une journée, puis ont commencé leur travail de nettoyage. Ils passent des pierres aux vitres sans jamais marquer de pause et c’est d’ailleurs impressionnant, la vitesse à laquelle ils ont débarrassé les vitres des algues qui les colonisaient. Les Bernard-l’ermite sont restés quasi invisibles pendant deux semaines. Finalement je les vois de temps en temps sur les pierres s’afférant à les nettoyer des déchets les plus fins. L’ophiure reste caché sous les pierres et ne sors que pour récupérer un bout de nourriture que je mets quotidiennement dans le bac. Par contre je me suis aperçu qu’elle était complètement à découvert la nuit.
Les crevettes ont passé deux jours à faire le tour du bac à fond les ballons. Ensuite elles ont pris un rythme beaucoup plus calme et se régalent des mêmes pastilles végétariennes que l’ophiure. Ensuite, j’ai attendu encore trois semaines que tout ce petit monde prenne ses marques, tout en surveillant l’eau et sa pollution. Je suis d’ailleurs assez content de mon installation qui semble bien dimensionnée, puisque pendant ces trois semaines, je n’ai eu aucune invasion d’algues, et que celles qui se trouvent dans le bac en faible quantité sont dévorées par les détritivores.

J’ai donc pu enfin passé à la phase capitale de l’installation de ce bac, les coraux.

Les coraux

Pour les coraux, s’agissant d’un tout petit bac, je souhaitais me concentrer sur des mous assez robustes. J’ai donc lu et demandé conseil, et pour commencer, j’ai opté pour un Xénia.
Je suis rentré avec et l’ai mis immédiatement dans le bac (enfin après avoir cherché pendant une bonne demi-heure la position idéale !). Ces coraux étaient en position sur un morceau de pierre assez long. J’ai donc coincé le tout dans le trou d’une pierre vivante, et le rendu est parfait.
Il fallait qu’il soit légèrement en mouvement, sans pour autant être dans le rejet direct de la pompe de brassage. Et dans petit bac comme celui-ci, ce n’est pas si évident !
Bref, j’ai installé mon Xénia et au bout d’un quart d’heure il a commencé à déployer ses branches et à danser sous l’effet du courant. Dès les premiers jours, un tout petit appendice a commencé à grossir et à se développer. Aujourd’hui ce corail grandit et commence tout doucement à s’étendre, signe que mon petit bac est bien équilibré et assez accueillant pour ses invités !

Après deux semaines, comme mon premier corail se développait bien, je suis allé acheter deux Zoanthus que j’ai placé au mieux pour obtenir un développement optimal et un rendu sympathique.
J’ai globalement terminé l’installation de mon petit nano avec ces deux nouveaux habitants. Je rajouterai peut-être un ou deux coraux mous selon comment les existants se développent, mais bien entendu je ne songe pas à mettre de poisson là-dedans car l’eau serait certainement très vite sale et aux vues de ce que j’ai lu, l’équilibre ne serait pas maintenable dans un bac tel que celui-ci si je le peuplais de poissons.

Paramètres et entretien

suivants et sont plutôt très stables :

NO2 : 0
NO3 : < 10 mg/l
7.8 < PH > 8.0
Salinité : 1025
Température = 25°C

Pour maintenir mon PH à 8.0, et parce-que je fais moi-même mon eau à partir d’eau osmosée que je fabrique, je mets des sels minéraux dans l’eau qui maintiennent un KH à 10. Sinon, à chaque changement d’eau mon PH s’acidifie très rapidement.

L’évaporation sur un bac de cette taille est très importante et ne concerne que l’eau douce, pas le sel. Je rajoute donc environ un litre et demi d’eau osmosée à KH 10 sur trois jours pour maintenir le niveau d’eau et surtout la densité en sel à 1025. Si on ne fait pas attention sur ce type de petit bac et que l’on laisse s’évaporer trop d’eau, la densité monte à 1030 au bout d’une semaine sans appoint d’eau douce (si je le sais c’est que je me suis laissé surprendre au début).
L’idéal pour parer à ce souci, c’est l’osmolateur qui à l’aide de capteurs de niveau va puiser dans une réserve d’eau douce à côté du bac pour refaire le niveau. Mais honnêtement, l’investissement est couteux et la place que cela prend dans, et à côté du bac, est à l’opposé du principe du nano (sauf si meuble en dessous peut-être). Alors pour ma part, je fais l’appoint tous les jours manuellement avec une bouteille d’eau à température ambiante, et le tout tourne au mieux. Pour les vacances, je mets un bidon de 20 litres en hauteur avec un système de goutte à goutte type Gardena (goutte à goutte pour les plantes).

Environ une fois par semaine, je remplace entre trois et quatre litres d’eau par de l’eau propre fabriquée par mes soins. Alors la vraie bonne méthode, c’est d’avoir un bac dédié pour fabriquer l’eau de mer au moins 48 heures à l’avance en la brassant et la chauffant à la bonne température. Pareil, je n’ai plus la place de faire ça, alors je me sers d’une bouteille d’un litre et demi dans laquelle je mets de l’eau osmosée à température ambiante, 60 grammes de sel de mer enrichi et quelques grammes de sels minéraux. J’attends que tout cela se dissolve (environ 10 min) et je l’introduis doucement dans le bac. La température passe alors de 25°C à 24.5°C et remonte en moins d’une demi-heure. Je n’ai pas constaté de comportement anormal des habitants lors de ces changement d’eau et tout se déroule correctement, alors même si elle n’est pas académique, je suis obligé de garder ma méthode.

Pendant ces entretiens, j’essaie de siphonner l’essentiel des dépôts sur le sable de corail, mais je dois avouer que ce n’est pas chose facile sans aspirer tout le sable dans le tuyau… Pour cela je cherche encore la bonne méthode. J’ai aussi acheté deux escargot qui passent leur temps sur ou plutôt sous le sable et qui semblent se spécialiser dans le nettoyage de celui-ci.

Je nettoie aussi mon filtre / écumeur régulièrement pour éliminer les algues marrons qui s’y accumulent et les dépôts qui se font au fond du filtre. C’est assez rapide, et je rappelle que dans ce filtre ne se trouve que du perlon, de la ouate et du charbon actif. Les masses filtrantes n’ayant pas lieu d’être dans un aquarium d’eau de mer de ce type, puisque les pierres vivantes jouent déjà ce rôle.

Pour nourrir tout ce petit monde, j’utilise des pastilles pour herbivores. J’en mets une par jour que je coupe en une dizaine de petits morceaux. Comme ça tout le monde se régale et cela ne pollue pas trop le bac.

Donc, et pour résumer, le coût d’un tel bac représente un certain investissement, et il ne faut pas je pense commencer l’aquariophilie par-là, mais sa conception et son entretien sont à la portée de gens un tant soit peu méticuleux et patients et qui sont déjà au fait des principes de bases de l’aquariophilie. Pour moi, en tous cas, c’est devenu un vrai plaisir de regarder l’évolution de tout ça et découvrir chaque jour de nouvelles petites bêtes et de nouveaux comportements. Je n’ai jamais regretté de m’être lancer sur ce projet. Il est aussi vrai qu’il est tout de même très récent et que m’attendent peut-être de mauvaises surprises. Je verrai bien alors…

La prochaine étape… Un bac plus grand, mais alors dans une maison plus grande :-).

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